International : Birmanie, Coup d’état, Aung San Suu Kyi incarcérée, appels à la désobéissance civile et la plus grosse coupure internet du monde.

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La Birmanie, est un pays d’Asie du sud-est, frontalière avec la Chine, le Laos, la Thaïlande, le Bangladesh et l’Inde, sa capitale est Rangoun . C’est un pays qui fait couler beaucoup d’encre depuis son indépendance en 1948, du fait que  des juntes militaires s’accaparent tous les pouvoirs, le pays a connu d’innombrables coups d’État, le dernier s’est déroulé le 1er février dernier où on a assisté à la destitution du prix Nobel de la paix 1991, Aung San Suu Kyi, cheffe du gouvernement et présidente de la ligue nationale pour la démocratie.

Contexte :

Les élections législatives birmanes de 2020, sont remportées comme les précédentes par la ligue nationale pour la démocratie, mais la victoire est encore plus marquée que d’habitude ils obtiennent largement la majorité absolue avec 258 sièges à la chambre des représentants et 138 sièges à la chambre des nationalités, alors que le parti de l’union, de la solidarité et du développement, contrôlé par l’armée n’obtient que 26 sièges à la chambre des représentants et 7 à la chambre des nationalités. Une victoire écrasante qui dépasse même les espérances de l’ancienne dissidente Aung San Suu Kyi, et un échec cinglant pour le parti de l’opposition issu des anciens membres de la junte militaire.

Le 26 janvier 2021, le général Min Aung Hlaing, chef des forces armées, conteste les résultats du scrutin et appelle à une vérification des listes électorales, sans quoi l’armée interviendrait pour résoudre la crise politique. La commission électorale dément ces accusations. Le 30 janvier, l’armée dément vouloir perpétrer un coup d’État.

Déroulement du coup d’état :

1er février 2021, veille de la prestation de serment des nouveaux parlementaires, Aung San Suu Kyi et Win Myint président de la République sont arrêtés par l’armée, incarcérés jusqu’au 15 février. Le vice-président Myint Swe, est nommé président par intérim et transfère les pleins pouvoirs à Min Aung Hlaing, chef des armées, qui proclame l’état d’urgence pour un an et dissout le parlement.

L’armée prend le contrôle de l’hôtel de ville de la capitale Rangoun, stationne des camions devant les ambassades américaine et australienne. Dans une déclaration à la télévision de l’armée, les militaires justifient le coup d’état par la nécessité de préserver la stabilité de l’état, tout en accusant la commission électorale de n’avoir rien fait devant d’énormes irrégularités, tout en disant qu’ils vont mettre en place une véritable démocratie multipartite, et que le pouvoir sera transféré après l’organisation d’élections libres et équitables.

Réactions :

Les nations unies, condamnent « fermement » l’arrestation des dirigeants birmans et la prise de pouvoir par l’armée, considérant que « ces développements portent un coup dur aux réformes démocratiques en Birmanie »

les États-Unis, « s’opposent à toute tentative de modification des résultats des récentes élections ou d’entrave à une transition démocratique en Birmanie »

La Chine, parle de « régler leurs différends dans le cadre de la constitution et des lois afin de maintenir la stabilité politique et sociale ».

L’union européenne, « condamne fermement le coup d’État en Birmanie et appelle les militaires à libérer tous ceux qui ont été illégalement détenus ».

La France demande la libération immédiate et sans condition d’Aung San Suu Kyi et des dirigeants birmans arrêtés. Il estime que « cette arrestation constitue une inacceptable remise en cause du processus démocratique engagé depuis une dizaine d’années » et appelle « au strict respect des résultats des élections du 8 novembre ».

Les appels à la désobéissance civile :

Un groupe Facebook nommé « le mouvement de désobéissance civile » a été créé et comptait hier, plus de 150 000 membres. Honte à l’armée », « les militaires sont des voleurs », pouvait-on lire sur cette page, en plus de la volonté de protester contre le coup d’État..

Mardi soir, dans les quartiers de Rangoun, des habitants ont klaxonné et tapé sur des casseroles aux cris de : » Vive mère Suu (Aung San Suu Kyi) « .

Mais la désobéissance civile peine à se structurer de peur de représailles, dans un pays sous le contrôle d’une junte militaire depuis plus de 50 ans, une armée qui peut être violente et qui se soucie peu de sa réputation internationale.

Coupure internet :

La plus grande coupure internet du monde a pris fin aujourd’hui, après plus de 19 mois sans internet les zones du conflit inter-ethnique entre les musulmans Rohingyas et les bouddhistes, qui se situent au nord du pays, recouvrent internet.

Le réseau avait été coupé en juin 2019 dans les États  de Chin et de Rakhine, après des ordres urgents, donnés par le ministère des Télécoms du gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi.

Un conflit des plus meurtriers, qui oppose l’armée d’Arakan pro-rohingyas aux miliciens bouddhistes soutenus par l’armée birmane.

Aujourd’hui 740 000 Rohingyas ont fui au Bangladesh, et les 600 000 qui restent au pays vivent dans des conditions permanentes d’apartheid.

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